actualité

Les prochaines rencontres à la Librairie des Abbesses

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Mercredi 7 octobre à partir de 18h :

Edwy Plenel, Ellen Salvi et Julien Sartre

Une décolonisation au présent

éditions La Découverte

Samedi 3 octobre de 16h à 18h : Gérard Lo Monaco : Voyage en train éditions Albin Michel

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Des origines du chemin de fer en 1819 aux trains à grande vitesse contemporains, ce leporello se déplie autour de grandes scènes en pop-up accompagnées de textes détaillés au verso qui invitent à découvrir six trains. A chaque page, deux enfants sont immergés au milieu du tableau.

Jeudi 1er octobre à partir de 18h François et Valentin Morel Dictionnaire amoureux de l’inutile éditions Plon

Un dictionnaire personnel composé à quatre mains qui célèbre l’inutile au travers d’une déambulation joyeuse, en s’interrogeant sur la fossette de K. Douglas, sur la coiffure du président Giscard d’Estaing ou en se remémorant les premières speakerines de la télévision.

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Les rencontres à la Librairie des Abbesses

Mercredi 2 septembre à 18h :

Camille Laurens, Fille, éditions Gallimard, lu par Gabriel Dufay

Jeudi 3 septembre à 18h :

Sarah Chiche, Saturne, éditions du Seuil, lu par Gabriel Dufay

Vendredi 4 septembre à 18h :

Eric Laurrent, Une fille de rêve, éditions Flammarion, lu par Gabriel Dufay


Mercredi 9 septembre à partir de 19h :

Marie-Hélène Lafon et Hector Mathis pour Histoire du Fils et Carnaval, Buchet Chastel

Jeudi 10 septembre à 18h :

Eric Reinhardt,

Comédies Françaises,

Gallimard

Jeudi 17 septembre à 18h : Mohamed Aïssaoui, Les Funambules, éditions Gallimard

Vendredi 18 septembre à 18h30 : Alice Zeniter, Comme un empire dans un empire, éditions Flammarion

Jeudi 24 septembre à 18h : Boris Bergmann, Les Corps insurgés, éditions Calmann-Levy

Vendredi 25 septembre à 18h : Frédéric Pajak, Manifeste Incertain, Avec Pessoa : l’horizon des événements, souvenirs, fin du manifeste, éditions Noir sur blanc

ANNULEE Mercredi 30 septembre à partir de 18h : Déborah Lévy, Ce que je ne veux pas savoir et Le coût de la vie, éditions du Sous-Sol ANNULEE

3Chère Marie-Rose et chers lecteurs qui auraient dû être présents ce soir à la librairie des Abbesses,

Je suis vraiment désolée de ne pas pouvoir être parmi vous. Rien de plus terrible que d’être coincée au pays du Brexit. Je préfèrerais de loin flirter avec le Covid et voyager de par le monde plutôt que de devoir rester à Londres à me demander quel masque je vais porter ce soir.

Pour moi, c’est simple : sans les librairies et les lecteurs, les écrivains ne sont rien. C’est difficile à accepter, mais c’est la vérité. Pour cette raison, j’espère que vous avez tous un verre dans une main, et plus important, mes livres dans l’autre.

Peut-être puis-je tenter de répondre à une question que vous ne m’avez pas posée. On me demande souvent comment j’ai construit la voix de la narratrice. Ma réponse est la suivante : elle est moi, sans l’être tout à fait, et peut-être que cela est valable pour nous tous. La narratrice doit faire quelque chose de déjà bien compliqué dans la vie, alors dans un livre, n’en parlons pas. Elle ne doit pas se grandir ni se déprécier. J’entends par là qu’elle ne doit pas se rabaisser ni trop verser dans l’autodérision pour se faire aimer des lecteurs, mais elle ne doit pas non plus se faire passer pour plus forte qu’elle n’est. Elle écrira donc d’une position qui mêle pouvoir et vulnérabilité — parce que nous sommes tous faits de ce mélange.

Bizarrement, c’est une citation de l’artiste Egon Schiele qui m’a donné un indice sur la façon de procéder dans l’écriture de ces livres :
« Vienne est pleine d’ombres. La ville est noire et tout y est fait par automatisme. Je veux être seul. Je veux aller dans la forêt de Bohême. Il me faut voir des choses nouvelles et les sonder. Je veux goûter l’eau sombre et voir le crépitement des arbres, les vents violents. »

Ecrire, c’est voir des choses nouvelles et les sonder. Et parfois, il s’agit de porter un regard neuf sur des choses anciennes.

Il arrive qu’on me demande si ces livres sont très proches de ma vie. Peut-être que l’existence pèse davantage dans la réalité que dans mes livres. Mais comment peut-il en être autrement. J’aurais raté ma vie, sinon. Je ne veux pas la traiter à la légère, mais plutôt l’éclairer, en faire ressortir les ombres, aussi, et surtout jeter un éclairage plus vif — parfois beaucoup plus vif — sur le coût de la vie pour les filles et les femmes.

A bientôt, passez tous une belle soirée
Deborah Levy

traduction Cécine Leroy